Pasarla piola, viajar y bucear, de Pernambuco a Mexico*

18052010

           « Qu’est-ce que vous faites à Santiago? ». C’est la question conne à laquelle je réponds deux fois par jours aux clients de La Bohème. « bah je bosse ».  »Mais pourquoi travailler au Chili, c’est pas bien la France? » Et là c’est moi qui me retrouve tout con, avec mes pensées et mon plateau. C’est vrai ça, qu’est-ce que je fous ici? Voyons voir : l’hiver a débarqué et je me les caille ; je gagne un dixième de ce que je pourrais me faire à Paris ; je travaille 6 jours sur 7, jusqu’à 16 heures par jour, ce qui, j’en décevrai certains, ne me permet pas de rencontrer la chilienne de mes rêves ; je suis seul et pire que tout la routine me rattrape, même à l’autre bout du monde.

León Pascal, un écrivain chilien et parfait sosi de Hank Moody, assis à la terrase de La Bohème et savourant un premier Pisco Sour, me disait l’autre jour : « C’est en cessant de se comparer aux autres que l’on devient heureux de ce que l’on a ». Une banalité, certes, mais dont l’echo résonne plus subtilement lorsqu’affirmée par un illuminé reconnu. Lestés d’un cinquième Pisco Sour les conseils de León ne volaient plus bien haut. Il m’offrait son chapeau et s’en allait, me laissant avec mes pensées, mon plateau et mon nouveau chapeau. Hum…

Mais qu’est-ce que je raconte? Quel plaisir de travailler à Santiago, au pied des Andes enneigées et de l’Aconcagua, de sortir du métro Baquedano à 6 heures du soir et chaque jour un peu plus tôt pour voir le soleil doré de l’ouest se coucher dans le lit du río Mapuche et retourner à l’est, vers la Cordillère, plus vite qu’une rotation de la terre. Aujourd’hui, quel est mon interêt de gagner dix fois plus si ni l’Argentine ni la Bolivie, ni le Brésil ou ni l’île de Pâques ne sont à portée? Car c’est pour ça, pour continuer à voyager que je suis à Santiago. Quant à la routine j’ai toujours un peu d’avance sur elle. Le jour où elle me devancera sera bien sombre. Mais je peux compter sur mon loyal et ponctuel appel du large qui me proposait hier de *me la couler douce, voyager et plonger de Pernambuco au Méxique et qui aujourd’hui me rappelle que demain je serai à l’île de Pâques. Mon appel du large, ma paix. Je travaillerai rien que pour pouvoir l’entendre à nouveau.

Ça faisait un moment que je n’avais pas écrit, vous en comprenez les raisons. « Écris, mon ami, ça sert de thérapie. » Une autre vérité sans originalité du grand León Pascal. N’empêche que… Je remets mon blog à jour. Il parait que je vais voir du Moai demain. Les photos sont à suivre. Dans deux semaine je repars pour l’Argentine avec Max. Mendoza, San Juan, Córdoba, Rosario et Buenos Aires. De là on verra, encore une fois, mais il est probable que la boucle y soit bouclé.

Hasta Luego.

Raph.




El Pueblo Unido Jamás Será Vencido*

7042010

Et voilà. Je bosse maintenant. Il fallait s’y attendre. J’en étais pas loin il y quelques mois en passant la première fois à Santiago. Mais j’y suis revenu, et j’y travaille comme prévu. La bohème, 124 Constitución, Bellavista, Santiago. Un bon petit resto aux spécialitées franco-chiliennes. Bon j’en chie un peu au niveau des horaires, de 10h du matin à la fermeture, entre 2 et 3 heures du matin. Sans pauses. Mais je ne me plains pas. J’aime bosser finalement. Sérieusement ça fait du bien de bouger, de se sentir actif. Et pour le coup je fais quelque chose de mes mains. Bon peut-être pas dans le sens créatif comme je l’entendais mais au moins elles sont occupées. Et moi aussi ça m’occupe, je suis heureux d’aller bosser et de ne pas perdre mon temps. Je ne dépense pas de fric non plus et surtout je mange très bien. Non pas que le completo soit mauvais mais à répétition disons que mon organisme ne me le rend pas très bien.

Bref. Le local est sympa et le staff envoit du bois : un brasilero, un métaleux, et deux autres chiliens dont un de la race solaire, planète Dean Moriarty. Un fou, un génie. Un charisme fantastique, imparable, un de ces mochileros qui vagabonde sur le continent, en monneyant leur artisanat pour continuer à avancer. Mais pour mesurer l’ampleur de la chose, l’envergure de ce type-là, il faut considérer la portée de la vie de son père, facteur essentiel qui a pour résultat le Max tel que je l’ai rencontré ; Son père, un officier de l’armée chilienne, sentinelle de Pinochet aux premières heures de la dictature fut dêpeché par ce dernier pour fouiner dans des foyers communistes péruviens. Il faut rappeler qu’à ce moment là existait un très fort ressentiment péruvien envers les chiliens, depuis la perte des régions d’Arica et de Tarapaca, dans le cadre de la guerre du Pacifique (1879-1884, qui opposa le Chili au Pérou et à la Bolivie). Une nuit, après son service, le militaire entra dans une taverne pour s’y abreuver et y fut reconnu comme chilien pernicieux, probablement par son accent, flagrant et criailleur entre toutes les tonalitées hispaniques. Il sortit et se dirigea vers la jetée, suivi par quatre péruviens armés de poignards. Lui tenait dans sa main une dague courbe. Il en étendit un raide mort, saigna un second. Les deux autres s’enfuirent mais le blessèrent dans l’action. Son sang s’écoulait, il avait la jugulaire sectionnée. Cette nuit-là il s’effondra, baigné dans son propre sang. Face à un bien noir océan Pacifique.

Dans la matinée du jour suivant il fut trouvé par un pêcheur qui le recousut aussitôt. Mais le soldat ne s’éveillait pas. Il resta ainsi, inerte et silencieux, pendant trois semaines, subsistant grâce aux restes de fruits de mer que lui faisait ingérer le pêcheur pour le maintenir en vie. Il s’anima un jour, médita puis trancha : Il ne prendrait pas part à la Matanza organisée par le général Pinochet. Il décida de se retirer de l’armée et de renoncer à sa pension de militaire gradé.

Aujourd’hui cet homme, sombre et modeste et reservé, est le père du plus rayonnant et illuminé égaré qu’il m’est été donné de rencontrer sur les routes de l’Amérique du sud. Il veux m’apprendre à tailler le bois, la pierre, le lapislazuli et m’enmener jusqu’au Méxique, vendant notre artisanat. Il me propose d’acheter un van avec lui et de repartir vers le nord en juin-juillet.

Pour l’instant il s’agit pour moi de travailler. Mais j’y pense. On verra, encore une fois.

Hasta Luego,
Raph.

*Inti-illimani en concert le 16 avril à Santiago.




Sansom et Dalila*

1042010

Retour à Santiago, en avion. Je me demande finalement si les sièges des bus de sont pas plus confortables. Ou même combat après tout, sauf que là, LAN a eu la bonne idée de sortir le Ballantines et le vin rouge. Et c’est ce qui fait toute la différence. Je riais, seul, et parlais, seul… puis m’écroulais de fatigue. Arrivé à Santiago de Chile à 6h du matin, légèrement décalé, je prenais un petit bus pour le centre et le Barrio Brasil, et histoire de remettre les choses au clair m’envoyais un petit completo, puis un second pour être bien sûr. On sait jamais. Je rappelle pour ceux qui auraient zappé l’épisode Chañaral que le Completo est une espèce de Hot Dog rempli d’avocat et de tomate. Auberge, rattrapage de la nuit et je partais rejoindre Germen et Camila, amis rencontrés quelques semaines plus tôt à Coquimbo, Chili. Germen venait me chercher sur sa Harley Davidson et Camila m’accueillait avec un plat de pâte. Génial. J’étais heureux de les revoir et ça tombait bien, plombs et cables commençaient à faire défaut. Je savais plus trop quoi péter. Puis on allait à la maison de Germen, sur les hauteurs de la ville, un peu en dehors de Santiago, quartier Florida. Il vit dans un véritable jardin d’Eden. Pommes, poires, cerises, prunes, pêches, abricots, raisons, amandes, cactus San Pedro… Bref. Après un petit cour de conduite Camila me déposait près de mon auberge. Et c’était bien beau tout ça mais encore restait-il à trouver du boulot.

Toute la difficulté de la tache réside en un point. Pour être embauché il faut les papiers nécessaires et pour les obtenir il faut avoir au préalable un contrat. Humm. Ils sont forts ces chiliens. Mais je suis venu à Santiago pour bosser alors pour ce faire, il fallait s’y prendre autrement. Une bonne grosse nuit de sommeil avec sa grasse mat’ en supplément, dernière du genre ou du moins avant un bon moment, et dernière douceur procrastinatrice qu’il me faut désormais oublier. Parce qu’ici le salaire minimum est d’environ 200 000 pesos, soit 170 euros… Bref. Commencer par faire la vaisselle me disait Lionel. Moi je me suis rasé, et comme Samson qui perdit sa force, c’est ma louse qui devait partir avec les quelques poils de ma barbe dans le trou du lavabo. Pas facile quand elle vous suit, en pratique, depuis quelques mois et en une théorie bien peu pratique depuis bientôt dix-neuf ans. Et comme ma barbe, cette louse s’accrochait à moi, tel un parasite très, trop fort. Mais je me suis rasé, ai traduis mon CV et suis parti me dégoter un essai demain soir dans un bon resto de la capitale, en attendant les réponses d’hotels, d’autres restos et d’une boîte de peinture dans le bâtiment. A ver. Mais ça s’annonce bien.

Je dois y aller, Germen doit m’attendre sur sa Harley pour m’emmener chez lui.

Hasta Luego,

Raph.

* Opéra de Camille Saint Saëns.




Tony Montañita

26032010

Je ne sais plus où j’en étais. Trujillo c’est ça? J’en peux plus de ces bus. Combien de kilomètres jusque là, combien de bus pour cela, je ne les compte plus. Mais je les sens chaque fois plus. Trujillo-Montañita donc et 24h de trajet. Un bus jusqu’à Aguas Verdes, juste après Tumbes et peu avant la frontière avec l’Équateur. Un autre jusqu’à Guayaquil, encore un jusqu’à Santa Elena et enfin, un taxi jusqu’à Montañita, un burger et au lit. Et le lendemain on allait profiter de la plage et de l’eau chaude de l’Ecuador. Le courrent froid de Humböldt s’arretant au nord Pérou. Grosse vagues, milkshakes, hamacs, billards… Fête sur la plage jusqu’à l’aube, pâteuse pendant deux jours et après ce paradisiaque n’importe quoi qu’est Montañita, on baffrait encore du bus, vers Baños d’où j’écris. Et là je me dis qu’en rentrant à Paris, c’est fini. C’est fini la ratp, les transports en commun, tout ces trucs de hippie ça va bien. Le 4×4, c’est ça qu’est la vérité. Bref, Baños. Jolie petite ville entourée de hautes montagnes et volcans avec ses cascades, falaises, précipices et sauts à l’élastique… Je peux encore changer d’avis, et ce serait d’ailleurs raisonnable si l’on s’en tient à la hauteur du ravin, une centaine de mètres, mais a priori demain je me lance. Puis la « selva », la jungle amazonienne. Au programme singes, serpents, araignées, caïmans… Balades en canoës, rencontre avec des chamans indigènes, miradors avec vue sur l’Amazonie et tout plein d’autres conneries.

Quito et Santiago ne sont plus très loin. Le burger d’en face non plus.

Hasta Luego,

Raph.




Büs

20032010

Un pire bus de Cuzco à Nazca! Classe très économique, trop froid, des gens qui ronflent, une odoeur nauséaubonde qui berce au rythme des remous d’une cuvette de toilette trop pleine. Je note d’ailleurs qu’il est bien plus évident de viser juste beurré sur un trône statique que de mettre dans le mille dans des chiottes de bus sur une route péruvienne. Bref. 14h de bus donc, sans pouvoir fermer l’oeil de la nuit, descente et rattrapage du temps perdu dans le lit d’une auberge pas chère après s’être fait aisément barratiné, le cerveau à moitié engourdi par une telle nuit, par un type du terminal. On s’en fichait un peu à ce moment-là. Nazca donc, et biensur, ses lignes. Il n’est pas possible de marcher sur les lignes mêmes, site archéologique, mais il faut monter dans un petit avion pour les observer. Peut-être un peu déçu, il était pas toujours facile de les admirer, l’avion volait trop haut peut-être, un vol trop court aussi. Ils font leur boulot et ils se cassent. Sur ce point là j’étais plus à l’aise en Bolivie ; tu es un gringo, certes, mais en paix. Au Pérou j’ai plus le sentiment d’être leur « amigo » parce qu’il me voient comme une liasse de dollars. Sans généraliser biensur. Enfin, pour revenir aux lignes, on voit néanmoins tous les Colibri, Condor, Alcatraz, Araignée, Arbre, Perroquet et compagnie. Qu’est-ce qui a bien poussé ces gens là à tracer au sol, dans un alignement parfait, sur des centaines de mètres ces animaux? À mon avis il y avait du San Pedro derrière tout ça.

La ville en elle même n’avait rien de passionnant, si ce n’est une immense et improbale dune de sable en arrière-plan. Nazca-Lima donc. Encore un très bon bus, Rambo pour passer le temps et on arrivait dans la capitale péruvienne. Incroyable auberge dans le centre, à deux blocs de la plaza de Armas. Un vrai musée, nous vivions au milieu de dizaines de répliques du David de Michel-ange, agrandissements géants de sa tête, peintures baroques, et des reproductions de peintures du Louvres et d’Orsay, y comprit la Mona Lisa. Une terrasse qui faisait penser à des jardins suspendus où se cotoyaient perroquets, colombes, pigeons, trois tortues, un chat et un chien. N’importe quoi. C’est pas commun de se faire réveiller par un perroquet et d’ouvrir les yeux sur un accouplement de tortues, le tout sur un toit du centre de Lima. Flor de María, une péruvienne que l’on a aidé nous a fait une petite visite guidée de la ville pour nous remercier. Miraflores, Barranco, la plage, le centre. Bon, on s’est un peu empâté à Lima. J’écris depuis Trujillo, au nord, sur la côte Pacifique. Et encore un bus de grande qualité pour rejoindre cette ville. Il a même crevé en pleine nuit, près d’un bled perdu, Nuevo Chimbote. Une petite bière sur le bord de la route, le temps qu’il change la roue, et on repartait pour Trujillo. Nous avons vu des ruines Chimú et Moche hier, très bien conservées. Des temples, tombeaux etc.

Bon. Il ne nous reste que dix jours avant avant Quito et tellement de chose à voir. Il me tarde d’arriver en Équateur. Et après, retour à Santiago de Chile le 30 mars.

Hasta Luego

Raph.




Cactu power

11032010

Quatre nuits à Cusco et on part désormais pour Nazca. Les lignes et tout… Le bus quitte le terminal dans une heure et demi, ce qui me laisse un peu de temps pour vous décrire mon bref passage dans l’ancienne capitale Inca. Cusco, « Nombril » en quechua, était le centre politique et religieux  de l’empire. Sans rentrer dans les détails, conquète espagnole, Pizarro qui emprisonne puis fait assassiner Atahualpa et chute de l’empire Inca. Que reste-t-il du passé indien dans cette ville? Quelques fondations de bâtiments coloniaux, certains plans de rues et temples, et des murs. Parce qu’il faut dire que les incas sont drôlement doués dans la construction de murs. Des blocs de plusieurs tonnes qui s’emboitent Tétris Style sans qu’on y puisse glisser une aiguille. Sur le Qorikancha, temple inca du soleil et de l’or, a été bâti le couvent Santo Domingo. Imposant et harmonieux syncrétisme architectural, pas toujours évident dans la colonisation, genre Mezquita de Cordoue en Andalousie, l’endroit renferme toutes sortes de jésuiteries, mais pour une fois bien expliquées, et d’autres expositions d’art contemporain. Un tas de belles églises sur la Plaza de Armas, d’où se jetait notre regard depuis la terrasse de l’auberge, le quartier bohème de San Blas sur les hauteurs et son petit marché couvert où l’on s’est fait quelques soupes.

Cusco et la vallée sacrée de l’Inca, avec toutes ses ruines ; Nous avons choisi de voir celles de Pisac, à défaut du Machu Picchu fermé pour cause d’éboulements et d’innondatoins. Petit bus jusque là, un bout de pastèque à la descente et on cherchait le chemin de derrière l’église. Si l’on veut éviter de claquer 40 nuevos soles dans le taxi pour s’y rendre, il faut passer par le fameux chemin de derrière l’église dont le guide parle. Et il parle aussi d’une rando d’une heure et demi. On l’a commencée à 11 heures et à 5h du soir on a enfin comprit que n’était pas le bon chemin. En haut de la montagne, un vieil homme ne pouvait pas nous expliquer le chemin des ruines, car parlait seulement quechua. La nuit allait tomber, il fallait se décider : ou dormir en haut ou dormir en bas. Ca paraît simple vu comme ca mais pour redescendre avant la tombée de la nuit il nous a fallu dévaler des pentes recouvertes de cactus. Ils sont forts ces cactus, toujours un sous la main pour se rattraper en cas de déséquilibre. Et la nuit est tombée. On était plus très loin. À la lumières des étoiles un petit troupeau de moutons nous accueillait, un chien aussi et un autre petit vieux qui nous indiquait le chemin vers Pisac. Deux bus plus loin nous étions à Cusco, devant un poulet au four et quelques petites pizzas, des épines de cactus plein les doigts.

Demain on s’eveillera à Nazca. Puis, à suivre, sans doute Pisco et Lima.

Hasta luego.

Raph.




Mama Q’ota

8032010

Il y a un moment déjà que j’ai quitté La Paz mais je ne peux pour autant pas passer sous silence un tel bordel. Ce qui d’ailleurs est impossible. Un genre d’anarchie à l’echelle de capitale perchée à 4000 mètres d’altitude. Et faut pas espérer, ironiquement, avoir la paix par là-bas. Les gens pètent un plomb dans cette ville. D’abord le bruit. Tout le monde gueule et à vrai dire ils ont bien raison, c’est ça qu’il faut faire. Des espèces de mini-vans-taxis dans tous les sens qui racolent pour qu’on monte dans le leur. Pas de transport en commun ce qui explique ce n’importe quoi. Après les rues qui montent et descendent sur les montagnes andines ressemble plus à un immense marché d’Aligre, mais en pire. Chaque rue a sa spécialité: Viande, fruits, légumes, pains, patisseries, ampoules électriques, boulons et écrous, pneus, balais à chiotte, chiottes etc… « Tiens je me ferais bien un petit euh pneu tiens… » Bref. Il y a même le marché aux sorcières sur la calle Linares, où l’on peut se trouver toutes sortes de plantes médicinales, cactus, talismans, foetus de lamas et autres. Et tout ça dans un boucan pas possible. On se mange un ají de pansa, mijoté de trippes, ou pas d’ailleurs, pour à peine 60 centimes d’euros. Des vieilles qui ont leurs resto sur le trottoir, qui installent des tabourets pliants au bord de la chaussée et tout le monde s’en fout, et ils ont bien raison.

Un peu de culturel ensuite. Un fabuleux petit musée d’art. Bon, forcément on baffre en masse du Jésus tout ensanglanté, baroque oblige, un peu écoeurant même parfois, mais on trouve aussi des joyaux d’art moderne bolivien. En particulier Cecilio Guzmán de Rojas, pour ceux que ça interresse. Mon grand coup de coeur. D’autres petits musée comme celui de l’or, des coutumes, la maison de Murillo – l’initiateur de la révolution indépendantiste sudaméricaine, pendu en 1810 – mais rien de bien transcendant. À noter, un petit musée complètement loufoque, celui des instruments de musique, que l’on peut essayer. On y voit des sortes de guitarres à deux, trois et cinq manches, des guitarres à moitié charango, bref n’importe quoi. Pas très étonnant en fin de compte, pour cette ville. Ils pètent un plomb à La Paz. Et nous aussi.

On est parti après quatre nuits à La Paz, dont deux forcées, grève des bus dans tout le pays… Bref, on est allé à Tiwanaku (ou Tiahuanaco), ancienne capitale de cette civilisation éponyme. Ruines de temples, la fameuse Porte du Soleil, celle de la Lune, quelques statues monolitique, le tout un peu trop cher pour quelques tas de cailloux. J’ironise. À moitié. De Tiwanaku un petit micro nous a embarquer et déposer à la frontière avec le Pérou. Ah! Desaguadero… La ville frontière. Pour ceux qui sortent de la Bolivie, elle annonce qu’il y aura le même bordel côté péruvien ; pour ceux qui y rentrent elle fait penser que l’on en est pas sorti. Le même bordel donc, sinon plus flippant. Des taxis, des motos-taxis, des vélos-taxis qui harcèlent, quelques uns qui lachent un petit « Gringo » pour bien mettre à l’aise, mais d’un côté on s’en fout un peu. On crache nos derniers bolos dans quelques bouts de pain et dans le micro qui nous menait à Puno, au bord du lac Titikaka.

Puno. Un bon caldo de pollo (bouillon de poule au gingembre, citron et herbes avec une cuisse de poulet, un oeuf, des spaghettis, des grains de mais… Quelque chose de pas trop riche en gros) pour une poignée de nuevo soles, une nuit dans un hopedaje du centre, loin du bordel. Quoique, j’ai l’impression qu’on en est jamais bien loin. Si ce n’est sur les Uros. Les Uros justement ; 58 petites îles flottantes au beau milieu du lac Titikaka. Flottantes parce qu’elles reposent sur deux à trois mètres de Totora, sorte de roseau. Après une petite visite de l’archipel, je suis tombé amoureux de l’île de San Miguel et de sa population. J’y suis retourné donc et y est vécu deux jours. Le premier soir les femmes étaient partis à la pêche. Je me retrouvais seul avec Francisco, le président de l’île (d’une cinquantaine de mètres carrés tout de même) et de ses neveux. Un peu de riz et quelques bouts de « gaviota », oiseau du lac qui ressemblait plus à un pigeon qu’à un faisan, mais admettons, un oeuf et au lit dans une de ces espèces de hutte en Totora. Parce que sur les Uros tout est fait ou se fait avec la Totora: l’île elle-même, les habitations, les embarcations, on allume le feu avec, on en mange le racine, on fait du maté de la fleur qui devinez quoi, soigne la diahrré, les maux de tête, les rhumatismes, les colliques menstruelles, et aide pour la ménaupose, les hémorroïdes et j’en passe. Le lendemain Francisco achetait du pain sur un mini-marché flottant pour le petit déjeuner et je me mettais à lui apprendre le français quand lui m’enseignais l’Aymara. Un peu plus tard, pour le déjeuner, il coupait des petits poissons en morceaux gardant têtes, queues et entrailles. Je lui demandais si tout se mangeait et malheureusement il me répondit que oui. Et quel soulagement quand je le vis jetter ces déchets de poissons aux truites. De courte durée. À la poele étaient mis à frire les mêmes bouts de poissons. En somme, les truites et nous, mangeons la même chose. C’est bien. On partait ensuite pour la pêche, mettre en place le filet et attraper ces mêmes petits poissons répugnants que j’avais avalé quelques minutes auparavant. J’ai arraché des racines de Totora pour les enfants, les bonbons du lac disent-ils, et bien entendu, m’y suis baigné.

J’ai quitté l’île, les remerciant infiniment pour leur hospitalité, eux ainsi que Mama Q’ota, la Mère Lac. Je leur ai laissé ma trousse de premiers secours, j’imagine qu’ils en ont plus besoin que moi. Et après un drôle de retour en barque, me sentant tout merdeux et triste, je me trouve à présent au terminal de Puno, en attente de mon bus pour Cuzco.

Ouf! Il était gros celui là. Allez, je vous embrasse.

Raph.




Le Démon de la Montagne

1032010

Potosí est surtout connue pour ses mines d’argent et d’étain. Au temps de la colonie cette ville minière était si grande et si riche qu’il y avait de quoi faire un pont d’argent jusqu’à Paris. Bien sur les espagnols ont tout embarqués et on dit que c’est cet argent qui est à l’origine du capitalisme en Europe, bien que les espagnols se soient endettés et que soient les européens du nord qui en on plus profiter. Aujoud’hui certaines mines du Cerro Rico sont encore ouvertes, quelques coopératives de mineurs vont y extraire le minerai, mais les mineurs gagnent un salaire dérisoire. Nous sommes allés dans une de ces mines, à 3800 mètres, profonde de 450 mètres. Du coup il est d’usage d’offrir aux mineurs des sachets de feuilles de coca, qui aident en altitude, qui coupent la faim et la soif et qui , disent-ils, les rends plus courageux. On leur offre également sodas et même de la dynamite. La descente dans la mine se fait dans de petites galeries que l’on arpente courbé, accroupi voire en rampant par endroits, les pieds dans l’eau et la poussière dans le nez. Quand on pense que ces pauvres mineurs le font six jours par semaines et que leur salaire, non mensuel, dépend du temps qu’ils consacrent au minage. La durée de vue varie entre 35 et 45 ans. Et nous on débarque, on fait les malins dans les tunnels pendant qu’eux triment pour 80 Bolivianos, soit huit euros la journée… On se dit quand même qu’une partie de la manne touristique leur est reversée, mais bon… Caché, dans une espèce d’excavation, se dresse El Tìo, le démon de la mine. En espagnol tìo signifie oncle. L’oncle protecteur peut-être. Mais les indigènes Quechua, à l’époque, ne pouvaient pas prononcer le son « d », de Dios. Cette divinité des abysses, non reconnue par l’Église, apporte richesse et protection aux mineurs. Mais, sans doute par rejet de la culture espagnole, ce dieu est représenté avec des cornes de démon. Les mineurs lui font des offrandes quotidiennes de feuilles de coca, de cigarettes, des foetus de lamas pour les plus avides de richesses, des bières et d’alcool (potable) à 96 degrés, fait des cannes à sucre de Santa Cruz. Ils en versent sur le sol, au cas où Pachamama, la Terre Mère, serait jalouse, sur la tête du Tío et boivent le reste. De l’alcool a 96 parce s’ils boivent de l’alcool pur ils trouveront de l’argent pur ; de l’argent mélé à d’autres minerais et roches si l’acool est coupé et celui qui ne boit pas est un « maricón », pas besoin de traduction. Ca débouche et on le sent passer…

À la sortie de la mine on fait eploser la dynamite, parce que c’est marrant de tout faire péter. On rentre sur Potosí, jolie ville coloniale, sous la pluie. Oui, en Bolivie il fait froid et il pleut. Il a plut à Uyuni, il a plut à Potosí, il a plut à Sucre.

Sucre donc. La deuxième ville de Bolivie. Dans le même genre que Potosí, de grandes églises et bâtiments baroques. De Sucre nous sommes allés dans un petit village Quechua à une soixantaine de kilomètres, perché sur les hauteurs andines. Tarabuco. Au centre de la place, une immense statue d’indigène arrachant le coeur d’un conquistador et le dévorant. On comprend vite le ressentiment bolivien face aux espagnols. Et ce n’est pas non plus ce qui aurait pu nous mettre le plus à l’aise en arrivant. Grand marché de textil avec ponchos, pulls, bonnets, gants etc… Bref, on s’est fait un bon plat bien chaud : un mijoté de patates, fèves, petits-pois et viande. On aurait pas pu faire mieux, d’autant plus qu’on en a eu pour 8 Bolos (abréviation de Bolivianos), soit 80 centimes d’euros. Je me rappelle avoir vu passer des addtions à 800 euros à la Maison du Danemark, quand j’y travaillais. Avec ca on pourrait manger ce bon petit plat, bien meilleur qu’un saumon trop cher, plus de deux fois par jours pendant un an… Honteux. On a fini par s’écarter d’un groupe de Gruts, des blondes hollandaises, et se trouver une petite cabane caché pour se mettre à picoler. Un Canelito chaud d’abord, fait à base de Suringa. Puis, volonté de découvrir la culture locale oblige, on s’est fait servir un pichet de chichita. Une espèce de sperme de lama fermenté… J’avais du mal à finir mon premier verre, et pourtant je pense avoir une bonne descente, quand une vielle femme édentée me parlait en Quechua et s’en enfilait quatre cul-sec! On s’est fait éclater par une vielle… Et elle le savait la maligne. Des types en ponchos, en face de nous, buvaient cette étrange boisson dans un seau, en renversant la moitié par terre, soit parce-que complètement beurrés, soit pour Pachamama. Peut-être les deux après tout.

Retour sur Sucre, et au terminal de bus pour La Paz. On et arrivé trop tard, plus de billets. Décéption. Obligé de payer une autre nuit et ainsi perdre du temps et de l’argent, quand un type nous demande de le suivre et nous fait monter dans son bus, pour La Paz. On a dormi dans la cabine du conducteur avec peut-ëtre cinq autres personnes. Des billets que l’agence ne touchera pas en somme. Une des pires nuits de ma vie mais je peux écrire de La Paz ce matin. Aucune idée de la suite.

Je m’excuse de ne pas publier beaucoup de photos de la Bolivie – de boliviens surtout -, et c’est pas l’envie de vous faire partager des portraits Quechuas qui me manque, mais il m’est quasi impossible de sortir l’appareil. Non pas par peur de me le faire voler, mais par incapacité de contrarier la pudeur des gens. Des touristes, sans gênes, le font. Moi pas. Et j’imagne aussi que les photos ne rendent qu’un centième de la réalité, que parfois les elles sont vaines et dérangeantes et que seul le moment présent est véritablement appréciable. Voyagez.

Raph.




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25022010

San Pedro de Atacama, petite ville touristique au beau milieu du désert le plus aride du monde. On y a séjourné quatre nuits. Dernière étape chilienne avant de rejoindre la Bolivie, San Pedro et ses alentours étaient un point de passage obligé sur la route Andine. Un désert aux paysages surnaturels qui vaut cher. Très cher. San Pedro, petit bled au murs blancs et poussiéreux s’est transformé en Ibiza du désert. Autant d’attractions à l’extérieur qu’à l’interieur font de cette ville, sans doute autrefois typique, un lieu peu fréquentable pour ceux qui recherche la paix et veulent éviter le tourisme de masse. Heureusement on se dit que les différents sites autour apporteront cette solitude. Le léger souci est que seuls les tours opérateurs permettent de s’y rendre. Et faut casquer. Du coup on se retrouve vite noyé sous des dizaines de d’étrangers. On râle. Et puis on tombe nez-à-nez avec les Lagunas Cejar. Et la au lieu de se plaindre on va se baigner au milieu de ces touristes, qui nous rappellent que nous ne sommes pas très originaux, au milieu du désert, qui nous rappelle qu’il faut relativiser, et on va flotter dans un lac d’eau salée perché à 3000 mètres d’altitude. Étrange sensation que celle de ne pas pouvoir couler, de rester debout sans nager, même là où l’on a pas pied. Un peu plus loin, deux trous bien symétriques d’eau douce, deux trous bleus profonds au milieu de nulle part. Enfin un coucher de soleil sur le Salar d’Atacama.

Le lendemain, on partait pour les Geysers du Tatio, à 4321 mètres d’altitude, dans la froide nuit désertique, avec le mal de l’altitude qui fait bien planner entre ces jets d’eau bouillante. La tête qui tourne, le souffle sacadé et on va se fourrer dans une eau thermale, brulante par endroits, dans ce paysage apocalyptique. Retour épuisant à San Pedro, un guacamole démesuré et une empanada dans la panse, et on repartait pour la Vallée de la Mort. Une vue extraordinaire de Mars; volcans, cratères, falaises, dunes de sable et dorsales sous un soleil accablant. Pas d’eau, ou trop peu, pas de lunettes de soleil ni de chapeau, la prévoyance mythique des Lefis avait encore frappée. Le soleil aussi. Peu importe, l’endroit était fantastique, les rayons solaires ne nous atteignaient plus dans le canyon. Falaises escarpées de sel, de calcaire et de quartz, grottes et sortie du labyrinthe après trois heures de marche. Dernier effort, montée au plus haut d’une dorsale de la Vallée de la Lune, une vue magique au dessus des dunes et des lignes frippées de roche, et un coucher de soleil irréel derrière les Andes, toutes proches.

Pisco et dodo. On partait le lendemain pour Uyuni et la Bolivie. Bus jusqu’à la frontière, une cabane de briques en ruine en plein milieu du désert, un tampon sur le passeport sous l’oeil attentif d’Evo, et on sautait dans un 4×4, avec une irlandaise et deux vieilles boliviennes de La Paz, en direction de Uyuni. Premier arrêt dans un petit village Quechua pour la pause déjeuner, puis passant par la Laguna Colorada et ses flamants roses, une autre pause dans un champs de pierres, des centaines de lamas sur la route, et on arrivait enfin à Uyuni. L’altitude ne me réussit toujours pas, du mal à respirer, toujours l’impression de planner. Mais on est arrivé et on s’est trouvé des feuilles de coca… La Bolivie est l’Amérique du Sud. Ou du moins c’est l’image de l’exotisme sudaméricain présent dans chacun de nos imaginaires… Il a plu en arrivant, la première fois depuis Bariloche en Argentine, et oui, pas une goutte au Chili. Une nuit à l’auberge, et ce matin nous sommes parti pour le plus grand Salar du monde, celui d’Uyuni. Un désert de sel vaste de plus de 12 mille kilomètres carrés, à 3800 mètres d’altitude (comme le Pic du Midi), le salar d’Uyuni est un immense mirroir sans horizons où les nuages et le ciel se confondent avec le sol et le sel. Psychédélique. Ça me rappelait la maternelle et les taches de peintures sur des morceaux de papier qu’on pliait en deux pour faire des papillons et d’autres formes symétriques de toutes les couleurs. Ici c’était Bleu et blanc. Merveilleux. Et puis, au bout de quelques heures de route se dressait devant nous la Isla de los Pescados, colline de roche au milieu de cette immensité blanche où des cactus millénaires avaient pris possession des lieux. Improbable. Un des plus beaux endroits au monde, à mon humble avis. On y a déjeuné, steak de lama et quinoa – céréale qui ressemble au riz - au menu, avons digéré face à ce magnifique absurdité et sommes remontés dans le 4×4 de Leonardo en traçant vers Uyuni,  »Money for nothing » et Dire Strait à fond. De la balle.

Je sens que la Bolivie va me plaire. D’autant plus que c’est vraiment pas cher… Un pétage de bide au poulet à la broche et frites et boisson pour quelques 22 Bolivianos, soit 2 euros 20. Oui. Demain matin on part pour Potosí. Puis Sucre, Cochabamba et enfin La Paz. Ensuite, une fois encore, on verra.

Hasta Luego.

Raph.

 * Empty Spaces, The Wall, Pink Floyd.




C’est toi le titre

19022010

Coquimbo à Caldera en bus cette fois. La nana de l’auberge nous a conseillé une bonne voie bien rapide en entrée d’autoroute pour commencer à stopper. Après deux heures on est parti au terminal et avons pris un bus pour Caldera donc. Le truc c’est qu’arrivé à une heure du matin, que tous les hostels étaient complets ou hors de prix, il ne nous restait plus qu’à dormir sur la plage, abrité sous une pancarte publicitaire. Rien de special dans cette ville de bord de mer. En fait un type de Coquimbo nous avait parlé d’une plage de rêve dans le coin, Playa de la Virgen. Elle était à quarante bornes au sud, pas facile sans voiture, et à quarante mille pesos (60 euros) en bus, pas facile quand on a pas de sou. Bref on a renoncé et on s’est barré un peu plus au nord, à Chañaral. De la on est entré dans le Parque Nacional del Pan de Azúcar et y avons planté la tente sur la plage, face à un beau petit coucher de soleil. Ce parc national et en fait un immense désert de sable et de cailloux écrasé d’un côté par le Pacifique et de l’autre par de grands Cerros rocheux. Rencontre avec un couple chilien, bouteille de vin et la discussion non plus ne tenait plus debout. Le plus beau ciel étoilé que j’ai jamais vu, dégagé et à porté de main. Le seul endroit où j’en ai vu un pareil c’était au planétarium de Paris. La chaleure sèche du désert nous réveille bien tôt et nous partons à l’assaut des cerros. On se trouve une petite crique bien cachée, on plane et on se fait débusquer par des braconniers de fruits de mer. On grimpe une falaise et la redescendons aussi vite en se rendant compte que l’on était déjà bien haut et qu’avec tout ce que restait à faire, il aurait était con d’en finir comme ça. Bien que j’imagine que ce soit pas le pire endroit pour cela. Bref. Autre grimpettes, et découverte d’une autre crique. Ma première baignade dans le Pacifique. Puis enfin on arrive sur une immense plage de sable blanc qui se transforme en désert à perte de vue. Eau bleue et transparente, on nage au milieux de pélicans, puis d’un dauphin. Ou un requin. Enfin je ne sais pas, une sale bête avec un aileron quoi. En face, l’île du Pan de Azúcar avec sa colonie de pinguins de Humboldt. Le paradis en somme.

Le lendemain, avec une bonne migraine due à l’insolation de la veille, on part pour Antofagasta, la plus grosse ville du nord chilien, dans l’objectif de se rendre, de là, au plus grand téléscope du monde. La nuit étoilée du Parc nous ayant donné des idées. Le VLT (Very Large Telescope), issu d’un projet européen, est situé sur le cerro Paranal, un endroit choisi pour son altitude, les brumes du Pacifique n’y parviennent pas, et son ciel dégagé. 350 nuits par an. Arrivé à Antofagasta, après avoir baffré de l’avocat et du completo maison mais froid pendant trois jours, on s’est fait un bon petit poulet frites bien chaud. Et justement, je me disait à ce moment que les chiliens n’étaient pas aussi chaleureux ni patients que les argentins, quand un type un peu perché nous acostait et en peu de temps nous proposait de dormir chez lui. C’était ça ou les bancs du terminal de bus. On a dormi donc à trois dans un deux mètres carrés habitable, en parlant de foot et de nanas. J’ai eu un peur à un moment de me réveiller avec un rein en moins, mais si Mauricio était un peu étrange, il était surtout trop généreux et attencionné. Le lendemain, ce matin donc, on allait au terminal pour passer un coup de fil au bureau de l’observatoire du cerro Paranal qui nous disait que l’on ne pouvait s’y rendre qu’en 4×4. À 120 bornes au sud d’Antofagasta, on pouvait toujours y aller en stop mais dans le désert c’est pas toujours évident ; même en plusieurs fois, mais par moins 20 la nuit et 50 degrés la journée, on a renoncé. Et on s’est barré aussi sec d’Antofagasata, qui soit-dit-en-passant est franchement laid, pour rejoindre San Perdro d’Atacama, d’où j’écris en ce moment. Au programme salars et déserts de sel, lagunes bleues au beau milieu des dunes, et geysers duTatio à 4200 mètres d’altitude. Après ça la Bolivie. Aux nouvelles.

Hasa Luego.

Raph.







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